LA DIAGONALE PAR BRUNO
Après l’épisode douloureux et une explication de texte avec les organisateurs quant à mon incompréhension sur l’application du règlement du GRP, je tourne cette page, réconcilié avec mes erreurs. Dernière compétition 2012 et il était temps après 8 courses dont 3 ultras : le final sera avec le GRR.
Allons droit au but et retrouvons nous à 22h au départ, en plein milieu du paquet. Le signal est donné dans une cohue générale et je peste contre moi, n’ayant pas voulu m’imposer sur la grille de départ devant les 2300 et quelques coureurs. Aussi, il me faut bien 2O minutes pour me retrouver au calme avec ceux de devant, en reconnaissant Cathy, de nuit, de dos et grâce à CILAO et son super sac à dos.
La montée débute franchement, les sensations sont bonnes quand je me retrouve dans un groupe avec Seb Chaigneau. Mais ce dernier n’est pas au mieux et je les quitte à la recherche d’un autre groupe. Ce sera celui d’Antoine Guillon, où ça discute en montant. Tant pis, je les quitte pour profiter du profil très raide où j’ai pas mal couru cette saison. La fin de la première ascension arrive, je suis 5ème et tout va bien, sauf que le pire ou presque arrive… 2400 M à l’altimètre et l’onglée m’envahie. Heureusement, l’arrêt au stand permet de se couvrir grâce aux supers bénévoles, car les doigts ne répondent plus. Il est 1 heure du mat et cela fait 3 heures que nous sommes partis. Sauf que si les mains se réchauffent, je n’ai plus de jambes ni d’énergie et là, c’est long car l’affaire va durer 4 heures de temps malgré les gels, les barres les claques, les doutes et ce, jusqu’au petit jour. 46 coureurs plus tard, les sensations reviennent (avec le moral) voir même la patate car à partir de là, il faut rattraper le temps perdu (adieu au top 5, allons chercher le top 10 ou 15 comme prévu à la base). Le terrain est très gras par endroit (bourbier jusqu’à mi cuisse parfois) mais le fait de remonter les places motive et fait oublier les conditions et les premières douleurs musculo-tendineuses, tout comme ces paysages incroyables.
Après chaque base de vie, il faut se relancer pour reprendre les places perdues car je prends le temps de ne rien oublier car pas d’assistance (18 minutes de laisser quand devant il en laisse moins de 10 devant)
9ème et 20 heures plus tard, la pêche est toujours là jusqu’à la super gamelle en laissant la cheville dans un trou. Tant pis, je continue. Si c’est une entorse light, ça se gère. Sauf que plus le temps passe et plus la douleur augmente comme l’hématome. Je connais ce problème, soigné durant la saison par mon cher ostéopathe et je sais déjà que cela ne passera pas…Un gars me passe, ce n’est pas grave, je continu mais 4 heures plus tard la décision est prise : à 20 km de la fin, j’arrête en boitant, la mort dans l’âme, me refusant à terminer sur une jambe en 6 ou 7h au lieu des 4h prévues, et avec le risque de dégâts plus important avec le phénomène de compensation. Fin de l’aventure, mais pas déçu (à part le coup de mou du début) vu les circonstances. Par contre, ce petit goût amer me donne envie de revenir l’an prochain pour la 20ème édition pour terminer cette fois-ci la course et la saison en beauté….

