Départ 5h du mat, nous partons à 750 sous un vent de sud et une nuit étoilée. Grandiose. La forme est là tout comme la motivation et je décide de partir seul devant. Dans la première montée, le rythme se fera en fonction des points de passage prévus pour 24/25h. Les CP s’enchainent, tout va bien mais personne ne suit. Tant pis, on fera le bilan au quart de la course (6 heures) où se trouve une zone aller/retour pour aller chercher le point culminant (Pic du Midi 2878m). Les deuxième et troisième sont à 15 minutes. Je temporise et ils reviennent. Malheureusement, ce sont un portugais et un espagnol, qui se comprennent mais pas un mot de français et inversement, je ne maitrise pas leur « dialecte ».
2 heures plus tard, ils temporisent et je repasse devant, motivé par l’approche du premier tiers de la course. Toujours des jambes et du moral. Les heures passent, les CP s’enchainent. 20 puis 30 puis 45 minutes d’avance sur le deuxième mais que c’est long seul. Surtout ne pas penser à l’arrivée, peut être le podium… la nuit tombe. 23h : ravitaillement à 700m d’altitude et je prends les infos météo de la nuit. Ok avec16 degrés en montagne vers 1500m. Je repars en tee-shirt manche longue, manière de…pour l’avant dernière montée (1700m plus haut)
CP suivant, je suis frigorifié, le vent est là avec l’onglée. Nous sommes à 1400m, et il fait 6 degrés ! Je commence à comprendre l’erreur. Encore 1000 avant la bascule. Le calvaire commence. Je lutte pour atteindre une cabane à 2100m et arrive en vrac à 4h du mat, complètement vidé, les doigts insensibles, l’effort ne me réchauffe plus depuis longtemps.
Je suis alors deuxième et me refugie dans la cabane. J’attends de me réchauffer. 1 heure puis 2, rien n’y fait et décide d’attendre 8h du mat, avec le jour et le soleil qui pointera au col.
Ça repart, mais le train des coureurs est passé, et me retrouve dans les 20. Le moral est en berne, laissant place aux douleurs 27h après le départ et à la haine d’avoir mal géré cette fin de course. Dernier CP, 12 km à descendre (1400d-) mais depuis, la stratégie a changé car soit je finis en vrac (comme la plupart à ce moment là) avec une récup longue et difficile derrière, soit je stoppe l’effort, les ampoules, les douleurs tendineuses et je rentre, en coupant, non classé évidement.
EPILOGUE
Sachant que je suis engagé sur 2 raids multisports, dans 2 et 3 semaines, je décide de couper tout et de ronger ma frustration. Il faudra récidiver… C’est trop bête de négliger les infos météo et de passer à coté d’une perf, mais que ce fut long (plus de 110 km et 19h seul devant) pour en arriver là … !